mardi 26 mai 2015

Enseignement spécialisé : quand l'austérité avance masquée



Après les enseignements adaptés, la loi de Refondation et son « école inclusive » menacent les établissements médico-sociaux et de santé (IME, ITEP...)

Un rapport interministériel (Éducation nationale, Affaires Sociales et Santé) sur les établissements spécialisés médico-sociaux et de santé, daté de décembre 2014, dénonce la faible adaptation des structures d’enseignements de ces établissements à la Loi de 2005 sur le handicap et les décrets de 2009 sur les Unités d’enseignements.

Les incessantes interventions de Force Ouvrière pour dénoncer la création des Unités d’enseignement contre le maintien des structures spécialisées ont largement participé à retarder ce processus. Dès 2005, Force Ouvrière a dénoncé les menaces que font peser les unités d’enseignement sur l’avenir des établissements médico-sociaux qui accueillent aujourd’hui plus de 100 000 élèves du fait de leur handicap.

La loi de Refondation et son école inclusive…

A nouveau, ce rapport de 120 pages dénonce la «configuration de la classe primaire traditionnelle» comme la cause de tous les maux et un frein à l’éducation des élèves en situation de handicap. Le statut des enseignants spécialisés du premier degré et leurs missions d’enseignements seraient un verrou insupportable pour faire évoluer les Unités d’Enseignements.

Il s’agit d’accélérer le processus de liquidation de l’enseignement spécialisé pour avancer à marche forcée vers l’inclusion en milieu ordinaire : «Désormais c’est la formation en milieu ordinaire qui constitue la norme et non plus l’enseignement spécialisé ou adapté [...] L’unité d’enseignement [...] son rôle n’est pas d’installer un enseignement spécial, mais bien d’aider chacun à progresser dans l’école de tous».
Ainsi, il faudrait faire disparaître les Unités d’Enseignement dans les établissements spécialisés et les transférer dans des classes déjà surchargées des écoles, collèges, lycées et lycées professionnels, charge à l’enseignant de se débrouiller seul dans sa classe.

C’est exactement la définition de l’école inclusive imposée par la loi de Refondation de l’école et la logique du projet de circulaire sur les SEGPA.(voir pièce jointe)
pour justifier des milliers de suppression de postes d’enseignants spécialisés
Derrière tout cela, c’est la récupération de milliers de postes d’enseignants spécialisés avec leur formation, au nom du pacte de responsabilité et de la politique d’austérité. Le rapport, inscrit dans le cadre contraint de la MAP (Modernisation de l’Action Publique - ex RGPP) précise, dès les premières pages, que les académies vont devoir fixer «des objectifs de réorganisation de l’affectation des emplois». Il préconise «d’organiser chaque année une concertation entre les autorités académiques et l’Autorité Régionale de Santé afin de prévoir les évolutions de structures et des financements à engager». On ne saurait être plus clair.
Les Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) pour accompagner la territorialisation de l’école
Le rapport préconise également que les CDAPH, qui dépendent du conseil général, imposent les orientations scolaires. L’Éducation nationale et ses enseignants seraient ainsi dessaisis de l’orientation scolaire au profit des collectivités territoriales et des associations dans le cadre de la territorialisation.
Le SNUDI-FO exige le maintien et le développement à hauteur des besoins des Unités d’enseignement dans les établissements spécialisés.
Il invite ses syndicats départementaux à s’opposer aux suppressions de postes, aux transferts de classes spécialisées dans les écoles de secteur.
Montreuil, le 20 mai 2015

mardi 19 mai 2015

Réforme du collège : 4 pages pour mieux comprendre

Ci-dessous le lien pour télécharger le dossier de quatre pages sur la réforme du collège.

Journal spécial Collège SN-FO-LC

Plan d'Accompagnement Personnalisé : comment faire des économies sur le dos des plus fragiles ?

En 2005, le SNUDI FO a combattu la loi Boisseau Mauchamp. Les élèves porteurs de handicap devaient être inscrits dans des classes ordinaires plutôt que d'être accueillis dans des structures ou des classes adaptées à leurs besoins spécifiques. Pour le SNUDI-FO, il s'agissait de la première attaque menée pour réaliser des économies sur le dos des structures spécialisées.
Le Plan d'Accompagnement Personnalisé va plus loin en terme d'économie car il permettra de ne plus octroyer la reconnaissance de handicap et les moyens afférents (matériels, humains et financiers).

Pour mieux comprendre la logique d'austérité de ce plan, nous vous invitons à lire notre analyse :
Le 31 mars 2015, M. le recteur a signé une note concernant le Plan d'Accompagnement Personnalisé.

Pour mémoire, il existait trois types de plan pour répondre à des besoins éducatifs particuliers :
  • le PAI (projet d'accueil individualisé)
Le PAI s'adresse aux enfants ayant des troubles de la santé.
  • le PPRE (projet personnalisé de réussite éducative)
Le PPRE s'adresse aux enfants en difficulté scolaire qui risquent de ne pas maîtriser les connaissances et compétences attendues en fin de cycle.
  • le PPS (projet personnalisé de scolarisation)
Le PPS concerne tous les enfants reconnus en situation de handicap par la MDPH.
Les associations de parents d'enfants « dys » étaient demandeuses d'un autre plan sortant les enfants « dys » du cadre des PAI et des PPS.
« Lors de la préparation de la loi Peillon, plusieurs associations, dont la FFDys, avaient attiré l'attention sur les enfants qui, pour diverses raisons, n’entrent pas dans le champ réglementaire du handicap, afin qu’ils puissent trouver une solution rapide et efficace à leurs difficultés. Ces association demandaient que soit créé un « Plan d’Accompagnement Personnalisé » qui soit une réponse souple et solide pour aider ces enfants dès le repérage de leurs difficultés.La demande émanait surtout des associations de parents d'enfants "dys" (dyslexiques, dyspraxiques, dysphasiques). Il s'agissait notamment de remplacer les PAI Dys auxquels ils ont souvent recours, mais qui ne sont pas de véritables PAI. » (source site INTÉGRATION SCOLAIRE & PARTENARIAT )
La note du recteur présente donc le cadre général de ce plan qui concerne enfants ayant des difficultés scolaires persistantes. Par exemple tous les enfants ayant un trouble "dys" et les enfants dont les résultats scolaires ne s'améliorent pas malgré les adaptations mises en place dans la classe, les interventions des maîtres des RASED et la mise en place d'un PPRE.
En clair ce que les associations réclamaient pour certains élèves "dys", le ministère voudrait bien le généraliser à tous les enfants "dys".

Le PAP peut se substituer à un PAI dys ou à un PPRE.
Le PAP relève du droit commun et ne permet pas de mesures compensatoires. Il est exclusif du PPS.
Le PAP est un document interne à l'école.
La seule aide extérieure pour la mise en place d'un PAP est celle du médecin scolaire.
Pour résumer, quand il y a PAP, il n'y a plus de MDPH. Il n'y a donc plus de reconnaissance de handicap ni les aides qui s'y rattachent (moyens financiers et aides humaines ou matérielles).



Pour le SNUDI-FO 71, il est inacceptable de faire des économies sur le handicap.
Plusieurs points posent problèmes :
  • Le PAP ne couvrant pas le champ du handicap, qui détermine si les difficultés scolaires et/ou d'adaptation au milieu scolaire relèvent ou non du handicap ?
  • Le Recteur en indiquant que les enfants « dys » relèvent du PAP les exclut automatiquement du champ du PPS. Ce faisant, il reporte sur les écoles la responsabilité de la gestion au quotidien de ces troubles, sans espoir d'aide extérieur (AVS, prêt de matériel adapté, aide financière pour les familles).
  • Le PAP comme tous les autres plans substitue à la responsabilité institutionnelle la responsabilité individuelle des directeurs et des enseignants qui rédigent ces plans. Le document PAP prévoit d'ailleurs la signature annuelle du directeur, signature qui ne s'impose que par l'aspect dérogatoire du PAP. Pour quelle raison un fonctionnaire devrait-il signer un document pour faire son travail ? Si on lui demande de signer, c'est justement parce qu'il devra faire autre chose que son travail et sans en avoir reçu l'ordre écrit de sa hiérarchie. FORCE OUVRIERE a toujours mis en garde sur la signature de documents engageant la responsabilité personnelle de l'agent.
  • Les enseignants concernés n'ont pas attendus la création des PAP pour mettre en œuvre des adaptations pédagogiques, l'obligation de formaliser par écrit ces adaptations outre le surcroît de travail qu'il engendre fait peser sur leurs épaules un permanent reproche «  vous auriez pu faire plus... ou vous n'avez pas fait assez».
Comme par hasard,  ces PAP se mettent en place dans un contexte particulier qui veut que :
  • la MDPH est submergée par les demandes de prise en charge
  • l’Éducation Nationale et notre DASEN en particulier jugent que les notifications d'AVS (AESH) sont excessives (spécialement en Saône et Loire)
Ce dispositif tombe donc à point nommé pour désengorger la MDPH de toutes les demandes relevant des troubles « dys »  en transférant la charge au niveau des écoles.
« L'école étant son propre recours », elle devra donc se débrouiller au niveau local :
  • sans formation spécifique des enseignants aux troubles « dys »
  • sans matériel spécifique
  • avec des RASED en nombre très insuffisant
Le SNUDI-FO 71 conseille donc :
  • de ne pas anticiper les demandes des familles pour mettre en place un PAP.
  • de bien alerter les parents sur les conséquences humaines et financières de la mise en place d'un PAP. (aucune aide financière, matérielle ou humaine).
  • de conseiller aux parents de saisir en première intention la MDPH pour faire évaluer la réalité du handicap. Si le trouble ne relève pas du handicap, il sera toujours temps de formaliser par écrit les aides déjà mises en place au sein de l'école.
  • de ne pas s'engager par signature sur des dispositifs difficiles à mettre en œuvre. Les parents pourraient alors légitimement vous faire des reproches à ce sujet en cas de manquement. La mention "lu et pris connaissance" accompagnant la signature n'engage pas la responsabilité personnelle du directeur.

Une fois de plus, l’État et l’Éducation Nationale ne sont responsables de rien, l’École et ses enseignants sont responsables de tout !

mardi 14 avril 2015

Groupe de travail simplification des tâches : pourquoi nous sommes partis ?

Force Ouvrière refuse d'accompagner l'administration dans les exigences de plus en plus nombreuses qu'elle peut avoir envers les directeurs.

Le SNUDI-FO 71 a participé au premier groupe de travail sur « la simplification des tâches des directeurs » ( cf compte-rendu n°1) afin de présenter les positions et revendications de Force Ouvrière. L'organisation de ce deuxième groupe de travail en cinq ateliers à la façon d'une conférence pédagogique, sans l'assurance d'une communication au CTSD (Comité Technique Spécial Départemental), nous a confirmé que le SNUDI-FO n'avait pas sa place dans ce type de réunion.

Pour preuve , un groupe était consacré à l'élaboration « des documents de synthèses » :

  • Celui-ci comprenait un point sur les PPMS or Force Ouvrière n'a de cesse de rappeler que les PPMS n'ont pas de fondement réglementaire.
  • Ce même groupe comprenait également un point sur les DUER (document d'évaluation des risques), là encore la position de Force Ouvrière est très claire, la responsabilité de la mise en place incombe au DASEN et non aux directeurs.
Dans le même ordre d'idée, le groupe intitulé «applications» se proposait de travailler, entre autres sur l'application AFFELNET, là aussi, la position de FO est constante, ce n'est pas aux directeurs d'école d'effectuer ce travail.
Quant au groupe « Formation continue », n'est ce pas un vœu pieux quand on connaît les conditions de remplacements ?
Les missions des directeurs ne seraient plus définies au niveau national (décret n°89-122 du 24 février 1989) mais au niveau académique. 
En effet le Recteur fera la synthèse des groupes de travail départementaux et rédigera le « protocole » académique concernant les directeurs.
Ce groupe de travail « simplification des tâches » s'apparente donc davantage à une liste exhaustive des nombreuses missions des directeurs. L'administration demande aux syndicats de cautionner ou "mieux" encore, de rédiger des documents « plus simples » à remplir. Nous l'avons bien compris, simplification ne veut pas dire allègement. 
Ce sera sans Force Ouvrière : notre conception du syndicalisme nous interdit de rentrer dans cette logique de cogestion.

 
Pour mémoire, voici les positions du SNUDI définies lors de notre dernier congrès.
Le Congrès revendique :
• le maintien d’un directeur par école, fonctionnaire d’état, garant de la laïcité et de la neutralité de l’école ;
• l’arrêt de toutes les tentatives de l’administration de reporter sur les directeurs d’école des responsabilités qui ne sont pas les leurs (PPMS, DUER, remplacement des maîtres absents...) ;
• l’arrêt de toutes les obligations qui ne leur incombaient pas (Afelnet...) et qui leur ont été transférées ;
• l’amélioration du régime de décharges de service pour tous les directeurs, pas un directeur sans décharge statutaire (2 jours par mois pour les directeurs à classe unique, 6 h par semaine pour les directeurs de 2 et 3 classes, 12 h par semaine pour les directeurs de 4 à 7 classes, temps complet pour les directeurs de 8 classes et plus) ;
• une réelle amélioration financière (100 points d’indice pour tous), le versement aux «faisant-fonction» d’une rémunération identique à celle des directeurs qu’ils remplacent ;
• l’allègement des tâches et le respect du décret de 89 ; 

• aucune obligation d’effectuer les APC pour les enseignants chargés de direction quelle que soit la quotité de décharge ;• l’arrêt et la suppression des fusions des écoles maternelles et élémentaires supprimant des postes de direction, facilitant les fermetures de classes et menaçant l’existence des écoles maternelles ;
• l’abandon du protocole de direction ;
• l’abandon des commissions de recrutement au profil pour les directeurs des écoles de 10
classes et plus, entre autres ;
• l’abandon de la circulaire de 2002 sur les PPMS et le strict respect de la loi de 2004 sur la sécurité civile qui confie aux maires et aux préfets l’exclusivité des plans de sauvegarde des populations (cf. dossier spécial de la FNEC).


mercredi 8 avril 2015

Compte-rendu du CTSD du 07 avril

Le Comité Technique Spécial Départemental Carte scolaire 2015 n'a pas été une mince affaire. il s'est tenu de 9 h 00 à 18 h 00 avec une courte interruption à midi.
Le SNUDI-Force Ouvrière a défendu tous les dossiers qui lui ont été confiés par les écoles et nous en avons rendu compte à la sortie du CTSD.

Les orientations du ministère sont  clairement affichées:  regrouper le plus de classes possibles dans de grosses écoles, et favoriser tous les postes qui remettent en cause le statut de fonctionnaire d’État.
Le DASEN 71 est un fonctionnaire loyal voire zélé, il décline particulièrement bien ces préconisations ministérielles dans le département:
   

  • Attaque en règle des "petites" écoles communales et des RPI : les maires qui ont investi dans leur école ( travaux, cantine, nouveaux rythmes....) en seront pour leur frais!  Même ceux à qui l'on n'a  pas proposé de fermeture cette année se voient enjoints de réfléchir à tous les regroupements possibles: extension de RPI, regroupement dans l'école du bourg le plus proche. L'école communale est dans le collimateur.


  • Développement des postes non statutaires  au titre du dispositif "plus de maîtres que de classes" ( enseignants dits "surnuméraires"). L'implantation de ces emplois continue. Quelquefois elle se fait en lieu et place du poste que l'on ferme. L'objectif est de "dynamiser" l'équipe, d'innover pédagogiquement pour reprendre les propos du DASEN !  Aux enseignants de trouver quelques heures pour faire "vivre" ce nouveau dispositif, en effet, il faudra bien se réunir pour élaborer le projet et l'emploi du temps du maître surnuméraire !

  • Dispositif "accueil des moins de trois ans"; souvent en "association" avec les mairies; ces postes sont implantés dans certaines écoles (en REP, et/ou dans des communes qui ont "travaillé" le projet....) parfois aussi dans des écoles où un poste statutaire se transforme en " dispositif accueil des moins de trois ans".  Quand il y a proposition de transformation, on nous a quelquefois annoncé qu'un des collègues dans l'école concernée s'était volontaire et obtiendrait le poste.
    Questions très importantes posées par la FNEC FP FO au CTSD:
    1°) - "Les victimes de carte scolaire qui voient leur classe fermée pourront-ils devenir maître surnuméraire dans leur école quand un emploi plus de maître que de classe est implanté ? "
    réponse : Il faudra l'avis favorable de l'IEN.
    -ils seront donc dispensés de l'entretien ?
    réponse: on tiendra compte de l'avis de l'IEN.
    Ce ne sera donc pas si facile et rien ne nous assure aujourd'hui que ces collègues soient "dispensés" de l'entretien pour les postes à profil !

    2°) - Si par la suite, il y a fermeture dans une école où un dispositif plus de maître que de classe ou un dispositif  "moins de trois ans "est implanté , la règle du dernier arrivé est-elle appliquée ?
    Réponse: .....
      Pour le SNUDI-FO Il faudra bien que cela soit évoqué en CAPD et expliqué clairement aux collègues!

      Ces deux "dispositifs" sont donc installés sans que l'on sache vraiment, mise à part le fait que ce soient des postes à profil, comment ils seront "gérés" au niveau de la gestion des personnels.

    Que ce soit sur le fond ou sur la forme, nous sommes opposés à ce type de postes non-statutaires.

    la FNEC-FO-FP-71 a proposé un avis sur les maîtres surnuméraires:

Le CTSD demande que le dispositif « plus de maîtres que de classes » soit suspendu pour la rentrée 2015. En particulier, en cas de fermeture, il demande que le maintien de poste soit privilégié par rapport à l'implantation d'un emploi au titre du dispositif « plus de maîtres que de classes ».

Pour : FORCE OUVRIERE
Contre : SE-UNSA
Abstention : Snuipp-FSU et SGEN-CFDT

Pour conclure, rien n'est définitif tant que le CDEN ne s'est pas tenu (le 15 avril ou repli le 24 avril). N'hésitez pas à nous contacter

mardi 31 mars 2015

A propos de la note sur le maintien

Le 16 mars dernier, la DSDEN a transmis aux directeurs d'école un courrier ayant pour objet : "parcours des élèves à l'école primaire".

Ce courrier de quatre pages débute par deux pages de réquisitoire contre le maintien d'un élève dans une classe.

Le ton est donné dès le préambule puisque le fort taux de redoublement des élèves français est qualifié de contre-performance. Études à l'appui, la pratique du redoublement est taillée en pièces.
Après un tel déferlement, le professeur des écoles qui aurait pu ne serait-ce qu'envisager de faire redoubler un élève doit se rendre à l'évidence, il allait commettre un geste nocif, empêcher son élève d'obtenir le bac, le contraindre à quitter l’École sans diplôme.

Pas un mot sur le handicap, pas un mot sur les difficultés scolaires réelles mais pas encore diagnostiquées, pas un mot sur les différentes aides déjà mises en place dans les classes. Pas un mot enfin sur le coût financier du redoublement (qui de notre point de vue est la cause première de ce décret).

Après un rappel de la loi et du décret qui régissent désormais les maintiens, arrive un passage surréaliste où est écrit : "Si le redoublement est en quelque sorte une mauvaise solution à un réel problème, le passage systématique en cours supérieur n'en est pas pour autant une décision satisfaisante dans le contexte actuel...  D'un point de vue pédagogique, la responsabilité de promouvoir des élèves ne maîtrisant pas certaines compétences dans la classe doit être assumée collectivement et individuellement."

A partir de là : tout est clair, si un élève redouble, c'est de la responsabilité de l'enseignant, si un élève passe malgré de réelles difficultés, c'est de la responsabilité de l'enseignant.
La seule solution, c'est la "personnalisation des parcours" et la construction de la différenciation et du soutien.

Pourquoi pas ? Mais dans quelles conditions ?

La note évoque l'aide des maîtres du RASED, certaines écoles malgré des besoins importants ne les auront pas vus de l'année. Certains RASED sont sinistrés et les demandes auxquels ils doivent faire face dépassent de beaucoup les demandes auxquelles ils peuvent répondre. Combien d'enfants en grande difficulté ne sont pas suivis par des RASED abandonnés de l'institution à cause des choix politiques ? (Mesure d'austérité oblige)

La formation continue est moribonde alors que les besoins de formations explosent notamment en ce qui concerne les troubles dys et les autres formes de handicap. Avec l'inclusion massive des élèves handicapés, les enseignants sont de plus en plus démunis.

Quatorze maîtres surnuméraires pour environ six cents écoles ne suffisent pas à palier les manques. Le SNUDI-FO 71 a toujours combattu ce dispositif  qui conduit à supprimer des classes et des postes dans une carte scolaire contrainte. Le cadre de ces postes est un coin dans notre statut instituant des postes à profil qui ne sont pas rattachés à une école et dont les missions peuvent changer d'année en année.

La note parle également d'un pôle ressources ??? qui n'est même pas référencé sur le site de la DSDEN 71. C'est mieux, il ne risque pas d'être encombré par les demandes des écoles.

Enfin la solution ultime est annoncée : les PPRE (programme particulier de réussite éducative) et les PAP (plan d'accompagnement personnalisé) !  En clair, l'école est son propre et seul recours, (c'était déjà écrit dans la charte pour l'école du XXIème siècle parue en 1998). Et par enchantement, après la rédaction d'un PPRE ou d'un PAP, la difficulté scolaire disparaît !
Ces deux documents n'ont qu'un seul but, exonérer l’Éducation Nationale de ses responsabilités face aux difficultés de certains enfants en la reportant sur les enseignants dans les écoles.

La note se termine par l'inévitable passage de pommade sur l'attachement des personnels au service public d'éducation. Certes, mettre de l'huile dans les relations humaines est indispensable, en mettre trop devient très vite indigeste surtout quand les actes ne suivent pas.

Dans ces conditions, lors de la CAPD du 26 mars 2015, le SNUDI-FO 71 a demandé  :
  • le respect du calendrier de mise en œuvre de ce décret à savoir son application uniquement à partir de l'année scolaire 2015-2016 (excepté l'article 1 qui reprend l'obligation de rédiger des PPRE ou PAP en cas de difficultés scolaires persistantes).
  • l'abandon de la fiche navette école-famille pour tous les élèves pour lesquels un maintien, un passage anticipé ou une orientation n'est pas sollicité.
  • une révision du calendrier afin que les propositions de maintien se fassent dans le respect du décret, c'est à dire au terme de l'année scolaire. La fin de la quatrième période nous semblait un délai raisonnable.
A la première demande, le DASEN nous a répondu qu'il valait mieux que les collègues se familiarisent dès maintenant avec ce nouveau protocole.

A la seconde demande, le DASEN nous a répondu que ce n'était pas prévu par le décret et que donc la fiche navette restait obligatoire pour tous les élèves.

A la troisième demande le DASEN nous a répondu que les contraintes de calendrier faisaient que le terme de l'année scolaire correspondait "au 30 mars".

En clair une lecture des textes à géométrie variable qui laisse les collègues seuls pour tout assumer.


grève du 9 avril 2015 : Contre l'austérité

Bloquer l’austérité : il y a urgence !

"Protection sociale, services publics, statut" tout devrait y passer.

Le passage de la loi Macron par le recours à l’article 49-3 en est une preuve supplémentaire : le gouvernement est déterminé à aller toujours plus loin dans sa politique de rigueur et de déréglementation.

Le 9 Avril, tous les salariés du public et du privé sont appelés à la grève par FO, CGT et Solidaires pour s’opposer au pacte de responsabilité, à la rigueur budgétaire, à la réforme territoriale, à la loi Macron.

Le pacte de responsabilité : blocage des salaires, appauvrissement, smicardisation…

Un adjoint administratif fait sa carrière au SMIC ! Un enseignant commence sa carrière à Bac + 5, à seulement 11 % au-dessus du SMIC ! Les salaires sont bloqués depuis 2010 et jusqu’en 2017. C’est vrai aussi pour les personnels de l’enseignement privé sous contrat.

Le pacte de responsabilité : toujours moins de postes, moins de service public.

Rentrée 2015 : des fermetures de classes, et parfois d’écoles entières déjà annoncées, des classes surchargées, des effectifs qui explosent en éducation prioritaire.


La réforme territoriale qui divise la République en 13 «baronnies» s’applique partout et met le service public au bord de l’explosion.

Rythmes scolaires, projets éducatifs territoriaux : il y a autant de règles que de territoires, tout le contraire de l’école de la République !

L’AFPA, régionalisée, est en cessation de paiement.

La régionalisation de la carte des formations professionnelles sous la coupe des besoins du patronat local, la volonté de généraliser l’apprentissage, menacent l’existence même des LP publics, des PLP, des qualifications nationales.

Et maintenant, des fusions d’académies sont annoncées. Des services entiers, dans les rectorats, les inspections d’académie, ou dans les DRAC pour la culture, seraient mutualisés.

Les fusions d’universités sont encouragées pour réaliser suppressions de postes, licenciements de non titulaires, coupes dans les budgets de recherche.



Loi Macron, loi de refondation de l’école… : les garanties collectives dans le collimateur.


La loi de refondation de l’école, c’est l’arbitraire local contre les garanties statutaires. Les décrets Peillon-Hamon allongent le temps de présence, et définissent localement une partie des missions des enseignants du secondaire. Le projet de décret sur les indemnités définit une partie de la rémunération au niveau de l’établissement. La règle locale devient la «norme» : il n’y a plus de règles. Tous sont touchés : les administratifs par l’individualisation des primes, les enseignants chercheurs dont le statut national est menacé par l’autonomie des universités. La loi Macron est un encouragement pour tout déréglementer : dans la culture, les personnels sontmenacés par l’ouverture des musées 7 jours / 7.

Salaires bloqués, postes supprimés, statuts attaqués, service public disloqué : les personnels n’acceptent pas. À l’offensive d’ensemble pour tout déréglementer, il faut opposer la mobilisation d’ensemble, la grève interprofessionnelle. Le 9 avril tous les salariés sont appelés à faire grève.

LE 9 AVRIL, À L’APPEL DE FO, CGT, SOLIDAIRES : TOUS EN GRÈVE !

La FNEC FP FO appelle à préparer la grève du 9 avril en proposant dans ce cadre l’action commune à tous les niveaux. Elle appelle tous les personnels à se réunir partout en AG, à dresser la liste des revendications, dans les écoles, les établissements, les services, à décider la grève le 9 avril, si possible dans l’unité, aux côtés des salariés du public et du privé, pour leurs revendications urgentes :

  • L’augmentation des salaires
  • Le maintien de toutes les garanties statutaires et l’arrêt des réformes destructrices du service public
  • La création des postes nécessaires, le maintien de tous les services, établissements et classes.
  • Le retrait du pacte de responsabilité et de la Loi Macron.


La FNEC FP FO appelle tous les personnels à se mettre en grève !