vendredi 10 janvier 2014

Stop à la dégradation de nos conditions de travail Maintien et respect de notre statut national

Les dotations pour la rentrée 2014 par académie ont été examinées en CTM (Comité Technique Ministériel) jeudi 19 décembre 2013.

Dans le premier degré le projet de budget affiche la création de 2355 ETP (équivalents-temps plein). En réalité seuls 1260 se traduiront par des ouvertures de classes pour accueillir 38 000 élèves supplémentaires. Le reste est consacré en particulier au dispositif « plus de maîtres que de classes » et à la mise en place des ESPE.
Dans le second degré, le ministère de l'Éducation nationale prévoit la création de 986 ETP enseignants et l'injection de 18 000 heures supplémentaires année ainsi que de 159 postes de CPE. Une partie de ces créations sera utilisée par la mise en place des professeurs formateurs académiques, alors que 33 000 élèves supplémentaires sont prévus.
9 académies se verront cette année encore, retirer des ETP, autrement dit des postes, dans le second degré: Caen, Guadeloupe, Dijon, Limoges, Martinique, Nancy-Metz, Paris, Reims.
Force est de constater que ces annonces ne sont pas susceptibles d'inverser la tendance à la dégradation à l’oeuvre depuis près de 10 ans.

Rappelons que près de 80 000 postes ont été supprimés depuis 2005 !

La rentrée 2013 a confirmé cette tendance par l'augmentation des effectifs moyens par classe : Seulement 1 231 classes ont été ouvertes pour 42 276 élèves supplémentaires dans le premier degré tandis que 220 nouvelles écoles fermaient.
Dans le second degré, les effectifs moyens en lycée frôlent les 30 élèves par classe (32,5 en seconde) et les 25 en collège.
La tendance à l'augmentation est aussi confirmée en lycée professionnel.

Derrière les mots il y a la réalité vécue sur le terrain : l’Éducation Nationale n'échappe pas au cadre de la MAP (modernisation de l'action publique), dont le président de la République lors de ses voeux a annoncé l'aggravation découlant d'une politique d'austérité drastique pour les services publics. Les « variables d’ajustement » de cette politique sont les postes de fonctionnaires et la valeur du point d’indice bloquée depuis 4 ans !
Le ministère ne prend aucune mesure susceptible d'améliorer les conditions concrètes de travail des enseignants dans les classes, au nom de la priorité accordée à la formation des enseignants et de la mise en place de dispositifs tels que « le plus de maîtres que de classes ».
Pour FO « plus de maîtres que de classes » signifie davantage de remplaçants, davantage de RASED avec leur cadre statutaire clairement défini, contrairement au dispositif prévu par le ministère qui renvoie à une définition locale des missions et de l'organisation des services.
En décembre dernier, la grève reconduite des professeurs de classes préparatoires a contraint le ministre à reculer. Il a dû renoncer à abroger les décrets du 25 mai 1950 pour les enseignants du second degré pour la rentrée 2014. Pour autant il maintient ses intentions.
Il n'a pas renoncé à annualiser le service des titulaires remplaçants dans le premier degré en application du décret sur les rythmes scolaires. Il n'a fourni aucune indication sur le cadre national d'organisation des services des professeurs des écoles qui verront leur service allégé de 3 heures d'enseignement dans une centaine de réseaux d'éducation prioritaire.
Ces orientations sont en totale cohérence avec la « refondation de l'école », dont la régionalisation de la formation professionnelle initiale et la réforme des rythmes scolaires sont deux mesures phare.
En 2014 comme en 2013 les personnels sont fondés à exiger le maintien et le respect de leur statut national, à s'opposer aux contre-réformes et à exiger les moyens pour que soit stoppée la dégradation de leurs conditions de travail.
Ces revendications sont liées à celles exigeant l’abandon de la réforme des rythmes scolaires et le maintien des garanties statutaires de toutes les catégories de personnels.
La FNEC FP Force Ouvrière invite ses structures à établir avec les personnels dans les écoles, établissements et services les cahiers de revendications établissant, les classes et les postes nécessaires à l'exercice de leurs missions. Elle les invite à les exprimer à tous les niveaux, notamment lors des réunions des comités techniques académiques et départementaux.

Montreuil, le 7 janvier 2014

mercredi 8 janvier 2014

La politique budgétaire reste inchangée, Non à la refondation dans le cadre de l'austérité

Une nouvelle année commence mais le ministre continue de faire la sourde oreille aux voix de la raison qui voudraient qu'il suspende, pour le moins, sa réforme !

Près de sept Français sur dix (69%) se disent favorables à une annulation de la réforme des rythmes scolaires ou à son report, selon un sondage de l'institut BVA Opinion (16.11.2013). Si le gouvernement met en avant «l'intérêt de l'enfant», le sondage relève un «gros doute dans l'opinion à ce sujet puisque 61% des Français considèrent que la réforme des rythmes scolaires a un impact plutôt négatif sur le bien-être des élèves», indique Céline Bracq, directrice adjointe de BVA Opinion. La proportion s'élève à 69% dans la tranche d'âge des 35-49 ans, «en majorité parents d'enfants scolarisés en maternelle et primaire».

Selon un autre sondage de CSA pour BFMTV, 54% des Français estiment que le gouvernement devrait abandonner la réforme, 24% pensent qu'il faudrait un délai supplémentaire et 22% que le gouvernement devrait maintenir la réforme au rythme prévu.

Des maires de plus en plus nombreux expriment leurs doutes voire leur désaccord face à cette réforme.

Quand l’OCDE s’intéresse à l’École, le pire est à craindre !
L’annonce de la baisse de niveau des écoliers français à ces évaluations a donné le signal d’une nouvelle campagne de dénigrement des enseignants. Et dans la foulée, ce sont les dépenses publiques pour l’Éducation Nationale qui sont violemment critiquées comme si l’on donnait trop d’argent pour instruire la jeunesse !
Pour Force Ouvrière, ce qui devrait être évalué ce sont les politiques ministérielles successives qui depuis des décennies minent l’École publique ! Il faut rompre avec ces politiques, refuser les diktats de l’OCDE et de l’Union Européenne, il faut enfin répondre aux besoins exprimés par les personnels et les parents d’élèves !

La carte scolaire 2014 sera encore fatale à de nombreuses classes. Renvoyez au SNUDI FO 71 votre fiche si vous souhaitez être défendu ! Seulement 2 postes supplémentaires dans le 1er degré pour toute l'académie !
Risquant fort de mécontenter les "électeurs", elle pourrait même être repoussée après les élections municipales !

 Le front syndical national s’élargit et se consolide : Le 18 décembre dernier, enfin, nationalement, le SNUipp s'est  joint à un appel contre la réforme des rythmes scolaires. Cela va dans le bon sens. Le SE UNSA continue d'utiliser la méthode "Coué": Tout va bien ! Pour qui ? Certainement pas pour l'école publique et ses enseignants ! Le soutien apporté par les anciens ministres Darcos et Ferry est éloquent : Darcos a supprimé 2 heures d’enseignement aux élèves et liquidé les RASED, Ferry a été l’un des artisans de la perte du statut de fonctionnaire d’Etat pour 90 000 personnels TOS des lycées et collèges. L’annonce par le ministre Peillon de la refonte des statuts des enseignants confirme que la réforme des rythmes est un véritable cheval de Troie qui permettra de miner le statut des enseignants.
Cette réforme prépare le cadre juridique d’une école éclatée, dénationalisée. C’est la première étape du transfert aux communes des responsabilités et des charges financières qui incombent à l’État. A terme, c’est le transfert des enseignants aux collectivités locales, la fin du statut de fonctionnaire d’État qui assure l’égalité d’accès à l’Instruction publique sur tout le territoire de la République.
Vincent PEILLON a été obligé de reculer contre la remise en cause du statut des enseignants des classes préparatoires. Nous pouvons le faire reculer sur les rythmes scolaires et ses projets de remise en cause de nos obligations de service.

Non à la dislocation du cadre national de l’École Publique.
 Signez et faites signer à vos collègues, aux parents, aux élus la pétition commune :
https://docs.google.com/forms/d/1cm1WClIeojCI0mFvzvbWTmkbUf0FDaRvy_FJy1y__yc/viewform

vendredi 20 décembre 2013

Suspension de Jacques RISSO : Quoi de neuf ?

"Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous."
Montesquieu

La situation ubuesque dans laquelle se trouve notre collègue Jacques RISSO n'évolue guère.

Chantal FASSIE du SNUDI-FO 84 revient sur la nature de la procédure administrative qui rappelle les tribunaux militaires, renvoie à l'affaire Dreyfus dans ses amalgames de mensonges et autres diffamations. Tout ce qui dans le dossier était reproché à Jacques a été « démonté », la machination est avérée et maintenant les responsabilités de chacun doivent être établies et les instigateurs sanctionnés. Elle rappelle que Jacques n'a été spontanément reçu par personne, ni par l'IEN, ni par le DASEN. Jacques est un accusé qui ne peut être ni informé des charges qui pèsent sur lui, ni être entendu. Tout est parti du signalement effectué par une assistante sociale qui a reçu l'appel de deux parents encouragés dans cette démarche par l'IEN et l'IENA. C'est un coup monté. Ces deux là ont tout fait pour aggraver une situation qui habituellement se règle en interne, au niveau de l'école.
Il n'est même pas question du harcèlement entre élèves dans le rapport des Inspecteurs Généraux qui citent par ailleurs des dires et des actions intolérables, irrecevables, de l'IEN sans pour autant les condamner.



Le dossier complet sur le site du SNUDI-FO 84

lundi 16 décembre 2013

La France malade de son école



Nous, enseignants du 1er degré, faisons vraiment preuve d'incompétence ?

Entre un rapport de l'Inspection générale qui vient d'être publié et les résultats de l’'enquête PISA 2012 qui viennent d’'être rendus publics par l’'OCDE, les enseignants français ne sont pas à la fête. Ces documents appellent de notre part certains commentaires.

Le Programme international pour le suivi des acquis (PISA) évalue tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans en compréhension de la lecture, des mathématiques et des sciences. Cette année, les mathématiques sont au cœur de l'’enquête qui voit la France reculer de quatre rangs et se retrouver 18ème des 34 pays de l’'OCDE et 25ème sur les 65 pays testés.
Les résultats de ces tests, qui, rappelons-le, n'’évaluent pas les connaissances des élèves mais les compétences, donnent lieu à de nombreux commentaires, en particulier du ministre de l'’Éducation Nationale.

Si les commentateurs étaient logiques, ils devraient s'’interroger sur les résultats de toutes les réformes mises en place depuis de nombreuses années par les gouvernements successifs. Celles-ci ont en effet toutes en commun de diminuer les heures de cours donc d'abaisser les connaissances dispensées aux élèves ce qui accroît les inégalités.

L'’actuel ministre prétend que « la refondation de l'école lancée depuis dix-huit mois vise justement à stopper le déclin de l'école et à redonner à l'école républicaine son caractère égalitaire. »

On ne peut que s'’interroger sur l'’efficacité des remèdes qu'’il préconise. La réforme des rythmes scolaires accentue l'inégalité entre les territoires, le ministre prétend régler les problèmes d'’apprentissage de la lecture, de l'’écriture, du calcul et plus généralement du décrochage scolaire en mêlant le scolaire et le périscolaire et en faisant ainsi éclater le cadre « séculaire » de la journée scolaire.

Personne ne peut sérieusement croire que c’est ainsi qu’on peut « stopper le déclin de l'’école » et « inverser la tendance ».

Dans la boîte à outils de la « refondation » de l'’école figurent également la réduction de l'’instruction à un vague socle commun de connaissances et de compétences, la co-éducation avec les entreprises et les collectivités locales et dans la même logique, une remise en cause du caractère national de l'’éducation au bénéficie de divers projets territoriaux. L'enseignement disciplinaire comme les programmes nationaux sont remis en question.

Le Premier ministre présente les résultats de l'’enquête PISA comme un « électrochoc salutaire » pour ceux qui s’opposent aux « changements » imposés par le gouvernement à l’'école.

Le ministre de l’Éducation Nationale serait bien inspiré de suspendre la réforme des rythmes scolaires que le gouvernement entend imposer à l’'école républicaine, à son fonctionnement et d’'abroger le décret du 24 janvier 2013.
Il serait également bien inspiré de tirer les leçons du conflit qu’'il a provoqué sur la réforme des rythmes scolaires avant de s'’attaquer au statut national des enseignants du premier comme du second degré.


Pour Force Ouvrière, il serait bien inspiré de répondre aux revendications des personnels.

mercredi 4 décembre 2013

Plus fort, plus dur, plus loin...

RENDEZ-VOUS le 5 décembre à 16H00 
devant la Maison des syndicats à CHALON

TOUS ENSEMBLE : 

enseignants, territoriaux, parents, élus, manifestons !

Nous ne sommes pas naïfs au point de penser que cette journée de mobilisation sera suffisante.

Mais les revendications du SNUDI FO sont claires et n'ont pas varié depuis le début du conflit sur les rythmes scolaires depuis la rentrée 2012.

L'opposition se renforce par le ralliement bien que tardif et embrouillé du SNUipp.
Le conflit est en train de se durcir.

Les différents groupes ministériels de travail qui se tiennent actuellement ne visent qu'une chose : la remise en cause de notre statut qui est notre protection mais aussi la protection de l'École Républicaine.
Ils visent en premier l'annualisation de notre temps de travail, la territorialisation des directeurs et l'autonomie des écoles et des établissements.

Le 2nd degré est en alerte générale et pourrait nous rejoindre dans un avenir proche.
Le conflit risque de se durcir encore car le décret de 1950 qui donne le cadre statutaire aux enseignants des collèges, lycées généraux et professionnels est remis en cause également.

Les universités, au bord de la banqueroute, sont également en ébullition.

Si d'aventure Peillon ne suspend ni ne retire ce décret, s'il maintient sa volonté de réformer les statuts des enseignants 1er et 2nd, il assumera la responsabilité de ce qui adviendra par la suite.

Les différentes réformes engagées (retraite, fiscalité, et bientôt sécurité sociale) par le gouvernement ne répondent qu'aux directives européennes et imposent une politique d'austérité contre-productive.
Pour preuve la Grèce s'enfonce de plus en plus dans un marasme économique sans rien avoir remboursé de sa dette.

Si d'aventure le gouvernement ne suspend pas cette politique, il assumera la responsabilité de ce qui adviendra par la suite.

lundi 2 décembre 2013

La filière métier = Danger maximal

Les groupes de travail au ministère ont commencé à se tenir.
Le SNUDI-FO 71 a décidé de vous informer des propositions du ministère et des réactions des organisations syndicales,

Cinq groupes déjà se sont tenus. Quatre ont retenu notre attention, ceux sur les directeurs, les RASED, les CPC et les Professeurs des Écoles.
Les comptes-rendus des groupes de travail

D'ores et déjà, des orientations s'affichent et des remarques s'imposent :

L'annualisation de notre temps de travail est largement débattu qui entrainerait une redéfinition de notre statut de PE.
Notamment pour les CPC, ils passeraient à 1607 heures et leur mission serait transformée.
Le temps de travail des remplaçants et des collègues sur postes fractionnés serait également annualisé.
Mais ce n'est qu'une première étape, il semblerait que le projet de nous faire travailler 5 jours sur 38 semaines plaisent à beaucoup !

Pour les RASED, là encore nouvelle définition des statuts avec de nouvelles missions.
Ils interviendraient dans le secondaire et les maîtres surnuméraires seraient considérés personnel RASED.

Les directeurs deviendraient nos supérieurs hiérarchiques au sein d'établissements autonomes du primaire.
Qui parle "établissement", renvoie à la problématique EPEP : avec une transformation de l'évaluation des enseignants, la territorialisation des directeurs et l'autonomie des écoles.

Les primes sont préférées plutôt que la revalorisation du point d'indice.
Effectivement nous sommes les parents très pauvres de la fonction publique en matière de primes mais le risque de la "méritocratie" réapparaît.
Et rappelons que c'est le montant du salaires est comptabilisé dans le calcul des pensions pour la retraite.


La CAPD qui examine les promotions est repoussée au 12 décembre. Vous pouvez encore nous envoyer votre fiche de suivi afin que nous puissions vérifier et éviter ainsi les erreurs.

mardi 19 novembre 2013

Les enseignants, les territoriaux, les parents, les maires ne veulent pas des nouveaux rythmes

Le 14 novembre était une journée de mobilisation immense : 1 collègue sur 2 en grève nationalement, à Paris 15000 grévistes !

Nous étions 389 grévistes dans le département, rectificatif de ce jour par la DSDEN.

Les collègues ne s'y trompent pas : il n'est pas question de discuter sur la façon d'arrondir les angles et d'aménager la réforme.
Il s'agit bien de l'abroger : elle est basée sur le principe de territorialisation de l'école, instaure la confusion entre scolaire et périscolaire, désorganise et alourdit la semaine et entraîne la remise en cause de nos statuts.
C'est un pas vers la dénationalisation de l’Éducation, l'annualisation du temps de travail et la flexibilité des enseignants : personne ne peut l'accepter !

Mais le gouvernement reste sourd !

Pire, le premier ministre affirme qu'il maintient sa réforme des rythmes scolaires, qu'il n’envisage aucune discussion ni négociation !!!

Après cette grève massive, que manque-t-il pour le faire reculer ?
Pourtant :
- 69% des français sont favorables à l'annulation (ou au report) de la réforme,
- Chaque jour, plusieurs grandes villes, de couleur politique différentes, annoncent qu'elles n'appliqueront pas la réforme : Marseille, Vitry, Bagnolet...,
- C'est par centaines que les petites communes indiquent qu'elles ne pourront mettre la réforme en place,

Il portera la responsabilité du durcissement du conflit.

A l'heure où l'opposition contre les rythmes scolaires atteint même certains membres de la FCPE, notre bon ministre sait monnayer le soutien d'une fédération de parents d'élèves, déjà largement acquise aux idées du PS. (voir l'article joint)
En cohérence avec ses positions claires, le SNUDI FO 71 s'est retiré le 7 novembre dernier du Comité départemental de pilotage des nouveaux rythmes où il n'était jamais abordé les conditions de travail des enseignants. (déclaration jointe)