mardi 14 avril 2015

Groupe de travail simplification des tâches : pourquoi nous sommes partis ?

Force Ouvrière refuse d'accompagner l'administration dans les exigences de plus en plus nombreuses qu'elle peut avoir envers les directeurs.

Le SNUDI-FO 71 a participé au premier groupe de travail sur « la simplification des tâches des directeurs » ( cf compte-rendu n°1) afin de présenter les positions et revendications de Force Ouvrière. L'organisation de ce deuxième groupe de travail en cinq ateliers à la façon d'une conférence pédagogique, sans l'assurance d'une communication au CTSD (Comité Technique Spécial Départemental), nous a confirmé que le SNUDI-FO n'avait pas sa place dans ce type de réunion.

Pour preuve , un groupe était consacré à l'élaboration « des documents de synthèses » :

  • Celui-ci comprenait un point sur les PPMS or Force Ouvrière n'a de cesse de rappeler que les PPMS n'ont pas de fondement réglementaire.
  • Ce même groupe comprenait également un point sur les DUER (document d'évaluation des risques), là encore la position de Force Ouvrière est très claire, la responsabilité de la mise en place incombe au DASEN et non aux directeurs.
Dans le même ordre d'idée, le groupe intitulé «applications» se proposait de travailler, entre autres sur l'application AFFELNET, là aussi, la position de FO est constante, ce n'est pas aux directeurs d'école d'effectuer ce travail.
Quant au groupe « Formation continue », n'est ce pas un vœu pieux quand on connaît les conditions de remplacements ?
Les missions des directeurs ne seraient plus définies au niveau national (décret n°89-122 du 24 février 1989) mais au niveau académique. 
En effet le Recteur fera la synthèse des groupes de travail départementaux et rédigera le « protocole » académique concernant les directeurs.
Ce groupe de travail « simplification des tâches » s'apparente donc davantage à une liste exhaustive des nombreuses missions des directeurs. L'administration demande aux syndicats de cautionner ou "mieux" encore, de rédiger des documents « plus simples » à remplir. Nous l'avons bien compris, simplification ne veut pas dire allègement. 
Ce sera sans Force Ouvrière : notre conception du syndicalisme nous interdit de rentrer dans cette logique de cogestion.

 
Pour mémoire, voici les positions du SNUDI définies lors de notre dernier congrès.
Le Congrès revendique :
• le maintien d’un directeur par école, fonctionnaire d’état, garant de la laïcité et de la neutralité de l’école ;
• l’arrêt de toutes les tentatives de l’administration de reporter sur les directeurs d’école des responsabilités qui ne sont pas les leurs (PPMS, DUER, remplacement des maîtres absents...) ;
• l’arrêt de toutes les obligations qui ne leur incombaient pas (Afelnet...) et qui leur ont été transférées ;
• l’amélioration du régime de décharges de service pour tous les directeurs, pas un directeur sans décharge statutaire (2 jours par mois pour les directeurs à classe unique, 6 h par semaine pour les directeurs de 2 et 3 classes, 12 h par semaine pour les directeurs de 4 à 7 classes, temps complet pour les directeurs de 8 classes et plus) ;
• une réelle amélioration financière (100 points d’indice pour tous), le versement aux «faisant-fonction» d’une rémunération identique à celle des directeurs qu’ils remplacent ;
• l’allègement des tâches et le respect du décret de 89 ; 

• aucune obligation d’effectuer les APC pour les enseignants chargés de direction quelle que soit la quotité de décharge ;• l’arrêt et la suppression des fusions des écoles maternelles et élémentaires supprimant des postes de direction, facilitant les fermetures de classes et menaçant l’existence des écoles maternelles ;
• l’abandon du protocole de direction ;
• l’abandon des commissions de recrutement au profil pour les directeurs des écoles de 10
classes et plus, entre autres ;
• l’abandon de la circulaire de 2002 sur les PPMS et le strict respect de la loi de 2004 sur la sécurité civile qui confie aux maires et aux préfets l’exclusivité des plans de sauvegarde des populations (cf. dossier spécial de la FNEC).


mercredi 8 avril 2015

Compte-rendu du CTSD du 07 avril

Le Comité Technique Spécial Départemental Carte scolaire 2015 n'a pas été une mince affaire. il s'est tenu de 9 h 00 à 18 h 00 avec une courte interruption à midi.
Le SNUDI-Force Ouvrière a défendu tous les dossiers qui lui ont été confiés par les écoles et nous en avons rendu compte à la sortie du CTSD.

Les orientations du ministère sont  clairement affichées:  regrouper le plus de classes possibles dans de grosses écoles, et favoriser tous les postes qui remettent en cause le statut de fonctionnaire d’État.
Le DASEN 71 est un fonctionnaire loyal voire zélé, il décline particulièrement bien ces préconisations ministérielles dans le département:
   

  • Attaque en règle des "petites" écoles communales et des RPI : les maires qui ont investi dans leur école ( travaux, cantine, nouveaux rythmes....) en seront pour leur frais!  Même ceux à qui l'on n'a  pas proposé de fermeture cette année se voient enjoints de réfléchir à tous les regroupements possibles: extension de RPI, regroupement dans l'école du bourg le plus proche. L'école communale est dans le collimateur.


  • Développement des postes non statutaires  au titre du dispositif "plus de maîtres que de classes" ( enseignants dits "surnuméraires"). L'implantation de ces emplois continue. Quelquefois elle se fait en lieu et place du poste que l'on ferme. L'objectif est de "dynamiser" l'équipe, d'innover pédagogiquement pour reprendre les propos du DASEN !  Aux enseignants de trouver quelques heures pour faire "vivre" ce nouveau dispositif, en effet, il faudra bien se réunir pour élaborer le projet et l'emploi du temps du maître surnuméraire !

  • Dispositif "accueil des moins de trois ans"; souvent en "association" avec les mairies; ces postes sont implantés dans certaines écoles (en REP, et/ou dans des communes qui ont "travaillé" le projet....) parfois aussi dans des écoles où un poste statutaire se transforme en " dispositif accueil des moins de trois ans".  Quand il y a proposition de transformation, on nous a quelquefois annoncé qu'un des collègues dans l'école concernée s'était volontaire et obtiendrait le poste.
    Questions très importantes posées par la FNEC FP FO au CTSD:
    1°) - "Les victimes de carte scolaire qui voient leur classe fermée pourront-ils devenir maître surnuméraire dans leur école quand un emploi plus de maître que de classe est implanté ? "
    réponse : Il faudra l'avis favorable de l'IEN.
    -ils seront donc dispensés de l'entretien ?
    réponse: on tiendra compte de l'avis de l'IEN.
    Ce ne sera donc pas si facile et rien ne nous assure aujourd'hui que ces collègues soient "dispensés" de l'entretien pour les postes à profil !

    2°) - Si par la suite, il y a fermeture dans une école où un dispositif plus de maître que de classe ou un dispositif  "moins de trois ans "est implanté , la règle du dernier arrivé est-elle appliquée ?
    Réponse: .....
      Pour le SNUDI-FO Il faudra bien que cela soit évoqué en CAPD et expliqué clairement aux collègues!

      Ces deux "dispositifs" sont donc installés sans que l'on sache vraiment, mise à part le fait que ce soient des postes à profil, comment ils seront "gérés" au niveau de la gestion des personnels.

    Que ce soit sur le fond ou sur la forme, nous sommes opposés à ce type de postes non-statutaires.

    la FNEC-FO-FP-71 a proposé un avis sur les maîtres surnuméraires:

Le CTSD demande que le dispositif « plus de maîtres que de classes » soit suspendu pour la rentrée 2015. En particulier, en cas de fermeture, il demande que le maintien de poste soit privilégié par rapport à l'implantation d'un emploi au titre du dispositif « plus de maîtres que de classes ».

Pour : FORCE OUVRIERE
Contre : SE-UNSA
Abstention : Snuipp-FSU et SGEN-CFDT

Pour conclure, rien n'est définitif tant que le CDEN ne s'est pas tenu (le 15 avril ou repli le 24 avril). N'hésitez pas à nous contacter

mardi 31 mars 2015

A propos de la note sur le maintien

Le 16 mars dernier, la DSDEN a transmis aux directeurs d'école un courrier ayant pour objet : "parcours des élèves à l'école primaire".

Ce courrier de quatre pages débute par deux pages de réquisitoire contre le maintien d'un élève dans une classe.

Le ton est donné dès le préambule puisque le fort taux de redoublement des élèves français est qualifié de contre-performance. Études à l'appui, la pratique du redoublement est taillée en pièces.
Après un tel déferlement, le professeur des écoles qui aurait pu ne serait-ce qu'envisager de faire redoubler un élève doit se rendre à l'évidence, il allait commettre un geste nocif, empêcher son élève d'obtenir le bac, le contraindre à quitter l’École sans diplôme.

Pas un mot sur le handicap, pas un mot sur les difficultés scolaires réelles mais pas encore diagnostiquées, pas un mot sur les différentes aides déjà mises en place dans les classes. Pas un mot enfin sur le coût financier du redoublement (qui de notre point de vue est la cause première de ce décret).

Après un rappel de la loi et du décret qui régissent désormais les maintiens, arrive un passage surréaliste où est écrit : "Si le redoublement est en quelque sorte une mauvaise solution à un réel problème, le passage systématique en cours supérieur n'en est pas pour autant une décision satisfaisante dans le contexte actuel...  D'un point de vue pédagogique, la responsabilité de promouvoir des élèves ne maîtrisant pas certaines compétences dans la classe doit être assumée collectivement et individuellement."

A partir de là : tout est clair, si un élève redouble, c'est de la responsabilité de l'enseignant, si un élève passe malgré de réelles difficultés, c'est de la responsabilité de l'enseignant.
La seule solution, c'est la "personnalisation des parcours" et la construction de la différenciation et du soutien.

Pourquoi pas ? Mais dans quelles conditions ?

La note évoque l'aide des maîtres du RASED, certaines écoles malgré des besoins importants ne les auront pas vus de l'année. Certains RASED sont sinistrés et les demandes auxquels ils doivent faire face dépassent de beaucoup les demandes auxquelles ils peuvent répondre. Combien d'enfants en grande difficulté ne sont pas suivis par des RASED abandonnés de l'institution à cause des choix politiques ? (Mesure d'austérité oblige)

La formation continue est moribonde alors que les besoins de formations explosent notamment en ce qui concerne les troubles dys et les autres formes de handicap. Avec l'inclusion massive des élèves handicapés, les enseignants sont de plus en plus démunis.

Quatorze maîtres surnuméraires pour environ six cents écoles ne suffisent pas à palier les manques. Le SNUDI-FO 71 a toujours combattu ce dispositif  qui conduit à supprimer des classes et des postes dans une carte scolaire contrainte. Le cadre de ces postes est un coin dans notre statut instituant des postes à profil qui ne sont pas rattachés à une école et dont les missions peuvent changer d'année en année.

La note parle également d'un pôle ressources ??? qui n'est même pas référencé sur le site de la DSDEN 71. C'est mieux, il ne risque pas d'être encombré par les demandes des écoles.

Enfin la solution ultime est annoncée : les PPRE (programme particulier de réussite éducative) et les PAP (plan d'accompagnement personnalisé) !  En clair, l'école est son propre et seul recours, (c'était déjà écrit dans la charte pour l'école du XXIème siècle parue en 1998). Et par enchantement, après la rédaction d'un PPRE ou d'un PAP, la difficulté scolaire disparaît !
Ces deux documents n'ont qu'un seul but, exonérer l’Éducation Nationale de ses responsabilités face aux difficultés de certains enfants en la reportant sur les enseignants dans les écoles.

La note se termine par l'inévitable passage de pommade sur l'attachement des personnels au service public d'éducation. Certes, mettre de l'huile dans les relations humaines est indispensable, en mettre trop devient très vite indigeste surtout quand les actes ne suivent pas.

Dans ces conditions, lors de la CAPD du 26 mars 2015, le SNUDI-FO 71 a demandé  :
  • le respect du calendrier de mise en œuvre de ce décret à savoir son application uniquement à partir de l'année scolaire 2015-2016 (excepté l'article 1 qui reprend l'obligation de rédiger des PPRE ou PAP en cas de difficultés scolaires persistantes).
  • l'abandon de la fiche navette école-famille pour tous les élèves pour lesquels un maintien, un passage anticipé ou une orientation n'est pas sollicité.
  • une révision du calendrier afin que les propositions de maintien se fassent dans le respect du décret, c'est à dire au terme de l'année scolaire. La fin de la quatrième période nous semblait un délai raisonnable.
A la première demande, le DASEN nous a répondu qu'il valait mieux que les collègues se familiarisent dès maintenant avec ce nouveau protocole.

A la seconde demande, le DASEN nous a répondu que ce n'était pas prévu par le décret et que donc la fiche navette restait obligatoire pour tous les élèves.

A la troisième demande le DASEN nous a répondu que les contraintes de calendrier faisaient que le terme de l'année scolaire correspondait "au 30 mars".

En clair une lecture des textes à géométrie variable qui laisse les collègues seuls pour tout assumer.


grève du 9 avril 2015 : Contre l'austérité

Bloquer l’austérité : il y a urgence !

"Protection sociale, services publics, statut" tout devrait y passer.

Le passage de la loi Macron par le recours à l’article 49-3 en est une preuve supplémentaire : le gouvernement est déterminé à aller toujours plus loin dans sa politique de rigueur et de déréglementation.

Le 9 Avril, tous les salariés du public et du privé sont appelés à la grève par FO, CGT et Solidaires pour s’opposer au pacte de responsabilité, à la rigueur budgétaire, à la réforme territoriale, à la loi Macron.

Le pacte de responsabilité : blocage des salaires, appauvrissement, smicardisation…

Un adjoint administratif fait sa carrière au SMIC ! Un enseignant commence sa carrière à Bac + 5, à seulement 11 % au-dessus du SMIC ! Les salaires sont bloqués depuis 2010 et jusqu’en 2017. C’est vrai aussi pour les personnels de l’enseignement privé sous contrat.

Le pacte de responsabilité : toujours moins de postes, moins de service public.

Rentrée 2015 : des fermetures de classes, et parfois d’écoles entières déjà annoncées, des classes surchargées, des effectifs qui explosent en éducation prioritaire.


La réforme territoriale qui divise la République en 13 «baronnies» s’applique partout et met le service public au bord de l’explosion.

Rythmes scolaires, projets éducatifs territoriaux : il y a autant de règles que de territoires, tout le contraire de l’école de la République !

L’AFPA, régionalisée, est en cessation de paiement.

La régionalisation de la carte des formations professionnelles sous la coupe des besoins du patronat local, la volonté de généraliser l’apprentissage, menacent l’existence même des LP publics, des PLP, des qualifications nationales.

Et maintenant, des fusions d’académies sont annoncées. Des services entiers, dans les rectorats, les inspections d’académie, ou dans les DRAC pour la culture, seraient mutualisés.

Les fusions d’universités sont encouragées pour réaliser suppressions de postes, licenciements de non titulaires, coupes dans les budgets de recherche.



Loi Macron, loi de refondation de l’école… : les garanties collectives dans le collimateur.


La loi de refondation de l’école, c’est l’arbitraire local contre les garanties statutaires. Les décrets Peillon-Hamon allongent le temps de présence, et définissent localement une partie des missions des enseignants du secondaire. Le projet de décret sur les indemnités définit une partie de la rémunération au niveau de l’établissement. La règle locale devient la «norme» : il n’y a plus de règles. Tous sont touchés : les administratifs par l’individualisation des primes, les enseignants chercheurs dont le statut national est menacé par l’autonomie des universités. La loi Macron est un encouragement pour tout déréglementer : dans la culture, les personnels sontmenacés par l’ouverture des musées 7 jours / 7.

Salaires bloqués, postes supprimés, statuts attaqués, service public disloqué : les personnels n’acceptent pas. À l’offensive d’ensemble pour tout déréglementer, il faut opposer la mobilisation d’ensemble, la grève interprofessionnelle. Le 9 avril tous les salariés sont appelés à faire grève.

LE 9 AVRIL, À L’APPEL DE FO, CGT, SOLIDAIRES : TOUS EN GRÈVE !

La FNEC FP FO appelle à préparer la grève du 9 avril en proposant dans ce cadre l’action commune à tous les niveaux. Elle appelle tous les personnels à se réunir partout en AG, à dresser la liste des revendications, dans les écoles, les établissements, les services, à décider la grève le 9 avril, si possible dans l’unité, aux côtés des salariés du public et du privé, pour leurs revendications urgentes :

  • L’augmentation des salaires
  • Le maintien de toutes les garanties statutaires et l’arrêt des réformes destructrices du service public
  • La création des postes nécessaires, le maintien de tous les services, établissements et classes.
  • Le retrait du pacte de responsabilité et de la Loi Macron.


La FNEC FP FO appelle tous les personnels à se mettre en grève !

mardi 10 février 2015

Intervention d'Hubert RAGUIN lors du Congrès Confédéral

Hubert RAGUIN, le Secrétaire Général de Fédération Nationale de l'Education de la Culture et de la Formation Professionnelle FORCE OUVRIERE (FNEC-FP FO) est intervenu lors du Congrès de Tours qui s'est tenu du 2 au 6 février 2015.

 


Je vous apporte le salut fraternel de la fédération de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle.
Nous sommes tous conscients de l’importance de ce congrès.
Il ne s’agit pas de répondre à l’injonction du président de la République qui demandait aux organisations syndicales d’être à la hauteur de la situation mais de répondre à la demande des salariés qui nous demandent comme organisation syndicale d’être à la hauteur pour la défense des revendications.

Le président de la République a présenté ses vœux à ce qu’il appelle « la communauté éducative ». Le président de la République a réaffirmé que l’école est une priorité.

La vérité c’est que les postes manquent, que des postes sont fermés, que des classes et des établissements ferment, que les salaires sont bloqués, que le gouvernement impose la régionalisation et la territorialisation de l’école notamment par la réforme des rythmes scolaires. Dans le même temps les diplômes nationaux sont remis en cause, les contenus des enseignements sont revus à l a baisse. La loi Peillon dite de refondation de l’école s’applique. Le président de la république s’en félicite et annonce la suite.
Toutes ces mesures sont des mesures RGPP, aujourd’hui des mesures MAP.

Les universités sont en faillite, l’éducation prioritaire est démantelée, et la ministre érige en principe que l’allocation des moyens aux établissements sera inégalitaire ; cela s’accompagne de la remise en cause des garanties statutaires et aussi de la contrainte faite aux organisations syndicales de s’inscrire dans le cadre du dialogue social pour appliquer la politique du gouvernement.

Le président de la République a ensuite fait 2 excellentes citations : une de Jules Ferry rappelant que la mission de l’école est de transmettre les savoirs et une de Jean Zay, le ministre du front populaire indiquant que l’école doit être l’ « asile inviolable où ne pénètrent pas les querelles des hommes »
Sans doute s’agissait-il pour lui de corriger les propos de la ministre Najat Vallaud Belkacem indiquant que l’école avait sa part de responsabilité dans la situation révélée par les attentats. Cela nous rappelle les propos d’un funeste maréchal disant en 1940 que la défaite « c’est la faute aux instituteurs ».*
Et ensuite la ministre décide qu’il faut enseigner le fait religieux à l’école, elle institue un« enseignement moral et civique », elle propose de créer « une réserve citoyenne » pour aider les enseignants à défendre les valeurs de la république, réserve citoyenne composée pêle-mêle des collectivités territoriales, des entreprises, des représentants des cultes, les curés, les imams et les rabbins, et des représentants des associations. La laïcité ce n’est pas ça. La laïcité c’est le respect de la loi de 1905 de séparation de l’église et de l’état, la laïcité ce n’est pas toutes les religions à l’école, c’est aucune religion à l’école.
En réalité, l’école c’est le cœur de cible de la politique de rigueur et d’austérité pour substituer les compétences aux qualifications, pour substituer les certificats de compétence aux diplômes nationaux, pour imposer l’école des territoires en lieu et place de l’école de la république, pour généraliser le communautarisme contre la république une et indivisible.
Les personnels n’en veulent plus. Ils ne supportent plus ces mystifications. Il s n’acceptent plus que leurs revendications soient dissoutes dans un débat sociétal de promotion de la communauté éducative.
Ils veulent des salaires corrects, ils veulent défendre leurs garanties statutaires, ils veulent des postes et moyens, ils veulent un cadre national pour le fonctionnement de l’école.
Ils veulent une action déterminée pour faire valoir ces exigences. Aujourd’hui même la FSU a appelé à une grève de diversion caractérisée par un responsable de la FSU comme une « initiative lamentable » contre l’aspiration des personnels à une action interprofessionnelle pour mettre en échec l’austérité. 8% des personnels ont fait grève.

C’est ce mandat, le mandat de la résistance, que les personnels nous ont donné lors des récentes élections professionnelles. Ni accompagnement des mesures gouvernementales, ni dissolution de l’organisation syndicale dans la « communauté syndicale » béquille de la communauté éducative.
Indépendants sur les revendications, indépendants de la communauté syndicale, indépendants du ministère et du gouvernement, nous avons exprimé les revendications des personnels et ils nous ont donné mandat.
Nous avons besoin de la confédération, nous sommes fédérés et confédérés.
La défense de l’école publique, de l’école de la république est une chose trop importante pour que sa défense soit assurée par les seuls enseignants. C’est une conquête de la classe ouvrière. C’est notre bien commun.
Nous avons besoin de la fédération des fonctionnaires FO, pour la défense du statut général de la fonction publique sans lequel nos statuts particuliers seraient vides de tout contenu.

Oui nous sommes au pied du mur. L’école c’est la santé, la santé c’est la sécu, c’est la défense des statuts, c’est la défense du code du travail, c’est la défense des qualifications.
Si la politique de rigueur et d’austérité se poursuit, ils nous prendront tout. Ils ne nous laisseront rien. N’ayons aucune illusion à ce sujet, c’est leur programme.

N’ayons aucune crainte, la classe ouvrière a la force, la classe ouvrière a la capacité, nous avons la force, nous avons la capacité.

Pour commencer décidons cette semaine, dans ce congrès confédéral de la grève interprofessionnelle, proposons l’action commune aux autres organisations syndicales et donnons la parole aux salariés.

Vive la CGT-Force Ouvrière.




*C’est sur le terrain de l’idéologie que se situent Pétain et les hommes de Vichy parce qu’ils croient les instituteurs gangrenés par le communisme, le pacifisme et l’internationalisme.

mardi 3 février 2015

Faisons vivre le Registre Santé et Sécurité au Travail

Le Registre Santé Sécurité au travail est un document qui peut être rempli par toute personne ayant connaissance d'un problème lié à la santé ou à la sécurité.


ACCEDER AU REGISTRE SANTE ET SECURITE
vous pouvez y accéder avec vos identifiants de messagerie académique.

Ce registre n'est pas l'apanage du directeur, c'est l'affaire de tous les adjoints aussi.
Le directeur, l'Inspecteur peuvent être amenés à faire des observations, mais ils n'ont pas à décider si le document doit-être transmis ou non.

Chaque problème doit faire l'objet d'une fiche de signalement soit directement par voie informatique, soit par la voie plus classique du courrier.
Dans tous les cas, nous vous conseillons de faire un double à notre représentant au CHS-CT départemental et Académique afin d'éviter la "perte malencontreuse" de votre signalement.
Florent PAPILLON
Représentant CHS-CT
Ecole Elémentaire Les Pastels
71430 PALINGES

Que peut-on signaler  ?
Tous les accidents survenus dans l'école
Toutes les épidémies
Tous les différents rencontrés dans le cadre de l'école avec les élèves, les parents, les associations, les municipalités et leurs employés
Tous les signalements doivent faire l'objet d'un examen par le CHS-CT.
La remontée de ces informations via les représentants du personnel est votre garantie que votre problème sera examiné.

On ne rétablira pas l'école de la République et la laïcité en poursuivant la refondation de l'école et la politique d'austérité.

La FNEC FP-FO a analysé les mesures présentées par la Ministre de l’Éducation nationale le jeudi 22 janvier 2015 au nom de la mobilisation de l’École pour les valeurs de la République.
Lors de la consultation à laquelle la FNEC FP-FO a participé le 12 janvier, à la suite des attentats, la FNEC FP-FO a notamment insisté pour qu'on en revienne au strict respect de la laïcité institutionnelle, qui repose sur la loi du 9 décembre 1905. C'est la séparation des Églises et de l’État qui assure la liberté de conscience, garantit l'égalité des droits et met la République à l'abri du communautarisme.
La FNEC FP-FO rappelle que selon cette loi « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » (article 2). Ni l’enseignement des religions, ni les représentants des religions n’ont leur place à l’école.
Force est de constater que si la ministre s'est réclamée de la laïcité, sans toutefois en définir le contenu, les mesures préconisées risquent pour nombre d'entre elles d'aller à l'encontre de celle-ci.
On ne voit pas en quoi un enseignement spécifique du fait religieux, des accords de partenariat étendus avec les entreprises et le monde économique, la mise en place d'une « réserve citoyenne » intégrant notamment « les personnes désireuses d’apporter leur concours aux missions de l’École » et « les bénévoles d’associations partenaires » va renforcer la laïcité.
La FNEC FP-FO s'inquiète de l'instrumentalisation de la situation pour renforcer les projets éducatifs territoriaux (PEDT), en y introduisant un « volet laïcité et citoyenneté » : la laïcité ne se découpe pas territoire par territoire. L'école des territoires, c'est le contraire de l'école de la République, c'est la voie ouverte au développement des communautarismes.
Avec « les espaces et/ou temps des parents (qui) seront développés dans chaque école et établissement », faut-il comprendre que les personnels seront assujettis à de nouvelles sujétions, dans la logique de la coéducation ? Pour la FNEC FP-FO les responsabilités des parents et les responsabilités de l’école sont distinctes, et il faut respecter cette distinction.
Les mesures préconisées ne vont pas dans le sens de préserver l’École comme « l'asile inviolable où ne pénètrent pas les querelles des hommes », comme l'avait pourtant rappelé le président de la République dans ses vœux en citant la circulaire de Jean Zay du 31 décembre 1936.
« La question de l'autorité à l'école se pose », a indiqué la ministre. C'est certes le cas, mais le remède ne saurait se limiter à l'affirmation de règles de comportement pour les élèves.
La mission première de l'école est la transmission des connaissances, sur laquelle est assise l'autorité des enseignants. Les réformes récentes, prises en application de la loi de refondation, les ont affaiblies et ont dégradé les conditions de travail.
La refonte de la carte de l’Éducation prioritaire, la régionalisation de la carte des formations professionnelles et la priorité absolue à l'apprentissage au détriment de la voie professionnelle sous statut scolaire, la réforme de l'évaluation des élèves, la réforme du collège annoncée au nom du socle, la réforme des rythmes scolaires, les modifications des missions et obligations de service, sont autant d'attaques contre l'école de la République.
La réforme de l'allocation des moyens, qui consiste à déshabiller Pierre pour habiller Paul, pas plus que la modification des secteurs de recrutement des collèges n'offriront de solution.
Ce dont a besoin l’École ce sont de vrais postes pour ouvrir des classes, en diminuer les effectifs et assurer sur tout le territoire national l'égalité effective des droits dans l'accès à l'instruction.
Ce dont a besoin l’École c'est du respect des garanties statutaires des personnels qui seul peut rétablir pour tous les salariés du ministère la confiance dans leurs missions, c'est de l'arrêt des pressions sur les personnels et des tentatives de culpabilisation. C'est du respect de leur liberté pédagogique et universitaire, que les projets d'éducation morale et civique veulent encore affaiblir en donnant aux conseils de cycle et au conseil pédagogique pouvoir de fixer des progressions qui s'imposeraient à chacun dans leur classe.
Force est de constater la totale continuité des mesures annoncées avec la politique menée, qui n'est que l'expression dans l’Éducation nationale de la politique de déréglementation, de rigueur et d’austérité.
Cette politique se concentre dans le pacte de responsabilité, la réforme territoriale et le projet de loi Macron. Parce qu'il est nécessaire de la remettre en cause, le congrès confédéral de la CGT-FO qui se tient du 2 au 7 février discutera d'une initiative de grève interprofessionnelle.
Disponible pour l'action commune à tous les niveaux, la FNEC FP-FO poursuivra ses efforts en vue d'obtenir la satisfaction des revendications des personnels et les invite à participer largement aux réunions d'information syndicales.
Montreuil, le 26 janvier 2015